Plan Azur : de légers retards... mais pas de soucis majeurs(2007-12-04)
Depuis sa nomination à la tête du ministère du tourisme et de l’artisanat, Mohamed Boussaïd multiplie les contacts avec les professionnels du tourisme pour se familiariser avec un secteur qui a aujourd’hui le vent en poupe. Le nouveau ministre a opté pour l’approche par région et affirmé donner la priorité aux chantiers du plan Azur qui représentent, avec les Plans de développement régionaux pour le tourisme (PDRT), la colonne vertébrale de la stratégie nationale.
Ce plan, avec six stations balnéaires, aujourd’hui toutes en cours
d’aménagement ou de construction, s’est révélé être un bon produit
d’appel pour d’autres investissements dont ont bénéficié différentes
régions du Maroc. A ce propos, il est bon de savoir où en est la
construction des six stations du plan Azur qui vont constituer une
force de frappe supplémentaire dans les années à venir. Selon un
responsable au ministère, «outre les délais de réalisation des stations
(ndlr : voir fiches des états d’avancement ci-dessous), l’important est
que ces projets ont déclenché une dynamique puissante en matière de
développement des régions, surtout que les investisseurs ont
aujourd’hui confiance dans le pays, comme en témoignent les nouveaux
investissements dans ce secteur».
L’essentiel, en effet, est que tous les projets soient actuellement sur
les rails, à commencer par Taghazout qui, après avoir connu quelques
déboires, est «bien partie», pour reprendre l’expression de Mohamed
Marouan, directeur de Taghazout Resort, société de droit marocain au
capital de 1,12 milliard de DH, créée par les deux aménageurs, Colony
Capital et Satocam, pour être le maître d’ouvrage du projet. Et on peut
ajouter qu’elle est entre des mains sûres, puisqu’il s’agit là de deux
géants de l’investissement touristique et immobilier, présents à tous
les niveaux de la chaîne touristique.
Kerzner opte pour l’expertise marocaine
Pour la réalisation de la première phase du projet (un hôtel, un golf
18 trous, une résidence et un beach club), livrable en 2009, Taghazout
Resort dit avoir engagé les meilleurs spécialistes internationaux
(architectes, paysagistes, ingénieurs, designers...) dans tous les
domaines, car l’objectif est de construire une station balnéaire haut
de gamme, avec des enseignes hôtelières comme Raffles appartenant à
Colony, ou Fairmont, autre joyau de l’hôtellerie de luxe. La
coordination du projet est assurée par Mirage Leisure &
Développement (MLD), bureau international de renommée dans le
management de projets touristiques.
1 000 personnes à recruter et former pour Mazagan
Toujours sur la côte atlantique mais plus au nord, à El Jadida, c’est
une tout autre démarche qui a été adoptée par Kerzner International,
l’aménageur de la future station Mazagan puisqu’il construit lui-même
intégralement la station. Mazagan, qui a été attribuée à ce groupe
sud-africain il y a de cela deux ans, a connu également beaucoup de
retard pour diverses raisons. La première, connue, étant le décès de
son DG. Mais, selon Patrick Sionneau, le PDG chargé des opérations, il
fallait aussi étoffer le tour de table de la société et obtenir
certaines garanties, notamment au niveau du foncier. Aujourd’hui, le
projet est en attente de la signature de la convention d’investissement
de 3 milliards de DH pour la première tranche, signature qui a été
quelque peu retardée par le changement de gouvernement mais qui devrait
avoir lieu dans les prochains jours. «Après, les choses devraient aller
plus vite», assure Patrick Sionneau. Les travaux de réalisation de la
première phase devraient durer 25 mois et l’ouverture du premier hôtel
est programmée pour la fin 2009.
Ces travaux sont réalisés par trois sociétés : Besix, une société
belge, en tant que chef de file, la marocaine Somagec, et enfin Deta,
une société des Emirats Arabes Unis. Pour rappel, on trouve dans le
tour de table, aux côtés de Kerzner, des actionnaires locaux que sont
la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), la Société Maroc Emirats Arabes
Unis de développement (Somed) et la compagnie d’assurance Mamda-MCMA.
En l’état actuel des choses, tous les plans de la station, plus de 4
000, sont élaborés et un concours national d’architecture sera lancé au
printemps prochain pour la sélection de celui qui dessinera les plans
des 150 villas de la première phase. L’aménageur constructeur affirme
vouloir délibérément s’appuyer sur les compétences nationales. «Les
négociations avec le gouvernement s’étant achevées dans de bonnes
conditions, nous voudrions anticiper sur le recrutement et la formation
qui vont démarrer à la fin de cette année», annonce M. Sionneau. Les
besoins sont, selon lui, de plus d’un millier de personnes. Une
stratégie des ressources humaines est en cours d’achèvement et les
programmes de formation et de recrutement seront réalisés en
collaboration avec l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et
des compétences (Anapec) et l’Office de la formation professionnelle et
de la promotion du travail (OFPPT).
La commercialisation devrait, quant à elle, commencer dès avril 2008,
avec la mise en ligne d’un site internet dédié à la station. Mais,
déjà, les contacts pris témoignent d’un grand intérêt de la clientèle
marocaine, notamment casablancaise, pour les villas, en raison de
l’explosion du foncier dans la capitale économique.
Autre station, autre approche : les aménageurs de Lixus (Larache),
Thomas&Piron/Orco, misent franchement sur l’hôtellerie que Marc
François, président du comité de direction de Salixus, considère comme
«le pivot de la réussite de la station». Il affirme avoir convaincu les
meilleures enseignes hôtelières ainsi que les tour-opérateurs de faire
de cette station une destination de choix sur toute l’année, avec en
parallèle un intérêt pour une clientèle résidente qui passerait de 3 à
4 mois sur place, «une clientèle âgée et aisée qui montre un intérêt
certain pour la station», explique-t-il. Il s’agit généralement de
Marocains résidents à l’étranger (MRE), mais aussi de Britanniques et
de Français qui s’intéressent à ce centre résidentiel. Les travaux
d’aménagement ayant commencé en février 2006, la commercialisation
effective débutera dès janvier 2008, et l’ouverture du premier hôtel et
des villas résidentielles est prévue en 2009.
L’aménageur compte aussi construire un grand centre sportif de haut
niveau, toutes disciplines confondues, dans la station, un créneau
qu’il juge prometteur...
Là aussi, si retard il y a eu, c’est en raison de l’aspect foncier et
de quelques problèmes liés aux travaux d’adduction d’eau que devait
prendre en charge la Régie de distribution d’eau et d’électricité de
Larache (Radel). Mais, tout compte fait, Marc François estime que la
plupart des problèmes ont été réglés, «même si certaines choses
n’étaient pas prévues dans la convention initiale».
Pour Mogador (Essaouira), les travaux ont commencé en juin 2006 et 75%
des travaux in site sont déjà achevés. Pour cette station, qui comprend
pas moins de 11 unités hôtelières, des maisons d’hôtes aussi bien que
des unités résidentielles, le programme de construction s’étend
jusqu’en 2014. Le premier hôtel ouvrira en 2009 et la première phase
sera achevée à la fin de cette même année.
Enfin, pour les stations de Saïdia et Plage Blanche, aux mains de
l’espagnol Fadesa, il faut signaler que le responsable de cette société
au Maroc ne semble pas vouloir faire de commentaires sur l’évolution
des travaux. Malgré plusieurs tentatives, il nous a été impossible
d’avoir des explications précises. Toujours est-il que Plage Blanche
(Guelmim) vient tout juste de lui être concédée, ce qui laisse supposer
que les premiers livrables ne seront pas prêts avant deux ans au moins.
En revanche pour Saïdia, la première des stations du plan Azur à avoir
débuté ses travaux d’aménagement, l’ouverture du premier hôtel a été
reportée à l’été 2008, soit une année après la date prévue
initialement. Nous n’en saurons pas plus!
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