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   Conseil National du Crédit et de l’Epargne : Oualalou vs Jouahri(2007-08-07)

Le Conseil National du Crédit et de l’Epargne (CNCE) est l’occasion annuelle privilégiée pour débattre de l’avenir du système financier marocain. Abdellatif Jouahri n’y était pas sur la même longueur d’onde que Fathallah Oualalou.

TENU le mercredi 24 juillet, le Conseil national du crédit et de l’épargne (CNCE) a été assez spécial cette année. Il intervient après l’entrée en vigueur de la loi bancaire du 14 février 2006. A l’occasion, le ministre des Finances et président du conseil, Fathallah Oualalou, s’est montré optimiste. Cet optimisme a été ‘bémolisé’ par le gouverneur de Bank Al-Maghrib. Ce dernier n’a pas caché ses craintes quant aux conséquences des bulles des secteurs immobilier et financier.

Les représentants des deux autorités financières, ont défendu chacun son point de vue. C’est à cette confrontation d’idées que sert le CNCE. C’est le rendez-vous annuel, par excellence, des financiers du pays, privés et publics. A qui il permet de s’arrêter sur l’évolution et le développement du marché financier et les répercussions sur la situation économique du pays.

Pour l’Argentier du Royaume qui préside le Conseil, « la rencontre est l’occasion pour faire le point sur les progrès accomplis en matière de réforme du secteur financier et d’avoir un débat franc et constructif sur les étapes à franchir dans le domaine ».

Comme l’a martelé à maintes reprises F. Oualalou, l’année 2006 donne matière à satisfaction. Pour lui, des progrès ont été accomplis dans le secteur financier en ce qui concerne l’approfondissement des réformes. Des résultats ont été également réalisés par les établissements de crédits et par le marché des capitaux. L’avancée remarquable des crédits bancaires et la tendance baissière des taux d’intérêt, sont autant de signes de la bonne santé d’un marché bancaire devenu concurrentiel, d’après Oualalou. S’agissant en particulier du microcrédit, destiné à dynamiser une autre classe de revenu, le constat de Oualalaou est aussi positif à ce niveau-là. « Les nouvelles initiatives adoptées en faveur du développement de ce secteur sont porteuses », estime le ministre. Il en énumère quelques unes : la conclusion de l’accord-cadre relatif au partenariat entre l’Etat et les associations de micro-crédit en matière de l’INDH, la mise en place du fonds de refinancement des associations de micro-crédit « JAIDA », les négociations avec le gouvernement américain en vue de faire bénéficier le secteur de l’appui du Millenium Challenge Corporation et l’adoption par le parlement de la loi autorisant l’élargissement de l’activité du micro-crédit au financement des produits d’assurance maladie.

Sur certains des arguments défendus par Oualalou, Abdellatif Jouahri a eu son mot à dire lors du conseil. Le Gouverneur de Bank Al-Maghrib a été moins optimiste et a contredit, sur un ton plus ou moins courtois, Fathallah Oualalou, pour l’appeler à la fois à la prudence et à la vigilance. Il est allé même jusqu’à qualifier l’optimisme du ministre de « démesuré ».

Pour A. Jouahri, démocratiser l’accès aux services financiers ne signifie guère transformer Barid Al-Maghrib en banque postale. « Le ministre a fait le saut, j’aimerais bien faire le même saut, mais les yeux ouverts », ironise le gouverneur de la banque centrale pour commenter l’enthousiasme du ministre des finances.

A moyen et long terme, explique le gouverneur de Bank Al-Maghrib, une hausse des prix excessive pourrait intervenir sur le marché d’actifs financiers et celui de l’immobilier. Ces deux bulles étant favorisées par les crédits faciles et généreux qui arrivent aujourd’hui à financer 125 % de la valeur d’acquisition du logement.

La communauté financière et bancaire présente au conseil ne pouvait que se réjouir d’un débat qui aura été si animé. A l’adresse de cette communauté, des appels ont été lancés une fois par Oualalou, une autre par Jouahri.

Fathallah Oualalou a appelé les établissements financiers et de crédit à soutenir le développement économique et social du Maroc en poursuivant le même chemin déjà pris.

Ceci dans le but « d’accélérer le rythme, élargir l’espace de la réforme et de sauvegarder la stabilité du cadre macro-économique », espère le ministre des Finances.

De son côté, Abdellatif Jouahri, intransigeant, a exigé du GPBM davantage de vigilance. Son but à lui est de maîtriser les crédits et le flux de la masse monétaire. Lequel des deux appels sera entendu ? L’avenir nous le révèlera.

Maroclear a 10 ans

Cela fait aujourd’hui 10 ans que Maroclear existe. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Maroclear, cette entité est l’unique Dépositaire Central des Titres au Maroc. Le rôle de l’institution est aussi important que « clear »...

Maroclear a pour mission en effet d’assurer, pour le compte de ses affiliés, la conservation des titres, leur circulation ainsi que leur administration. Elle édicte et veille à l’application d’un ensemble de normes et procédures comptables qui convergent vers une gestion rigoureuse et sécurisée des avoirs des épargnants par les intermédiaires financiers. Tant pour les négociations de bourse que pour les transactions de gré à gré, Maroclear est impliquée d’un bout à l’autre dans la phase post-négociation.

Pour fêter les 10 ans de Maroclear et afin, pour une fois, de jeter un peu de lumière sur un organisme dont les services relèvent du back office, certes, mais sont indispensables au bon déroulement des opérations de Bourse, un anniversaire d’exception a été organisé à Casablanca. Il s’est déroulé en présence des premiers financiers du pays en les personnes de Fathallah Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation, Othman Benjelloun, président du Groupement professionnel des banques marocaines ainsi que des responsables du CDVM, de la Bourse de Casablanca et bien d’autres... Tous ont salué les missions toujours bien accomplies par l’institution sous la direction de Fathia Bennis qui en a pris les commandes depuis 2005. Venant de la Bourse qu’elle dirigeait avant cela, Fathia Bennis connaissait son affaire et le résultat est là !

A propos de Maroclear

Maroclear a été créée en vertu des dispositions de la loi n° 35-96 du 9 juillet 1997 qui a du même coup institué le régime de la dématérialisation des valeurs mobilières. Les dispositifs mis en place par Maroclear permettent d’apparier et de dénouer, selon le principe du règlement contre livraison, toute transaction sur les valeurs admises à ses opérations. Concrètement, cela se traduit d’une part par des flux titres imputés directement sur les comptes que Maroclear conserve et d’autre part par des flux espèces correspondants, instruits concomitamment auprès de Bank Al-Maghrib (Banque Centrale).





 
 
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